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Le pôle Lire Autrement de la médiathèque Marguerite Duras

Parce que l’on peut lire aussi bien avec ses doigts et ses oreilles qu’avec ses yeux, le pôle Lire Autrement de la médiathèque Marguerite Duras dans le 20e arrondissement de Paris sensibilise tous les publics à ces pratiques. Visite de la plus grande médiathèque de Paris en compagnie de la responsable de ce pôle innovant, Hélène Kudzia.

Médiathèque Marguerite DurasLa médiathèque Marguerite Duras est un bâtiment récent dans le décor urbain de la ville de Paris. Son architecture se dresse à côté de l’hôtel Mama Shelter « designé » par Philippe Starck et en face de la salle de concert La Flèche d’or. L’intérieur est aussi imposant que l’extérieur : Marguerite Duras est une vaste médiathèque !

On abandonne le rez-de-chaussée et ses rayons consacrés, entre autres, à la musique et aux DVD, pour gagner le premier étage où Hélène Kudzia nous attend dans son pôle « Lire Autrement« . Car ce qui nous intéresse « de prêt » dans cet établissement de la mairie de Paris, ce sont ses livres audio et son domaine « accessible ».

Le livre audio, très bien chez Duras…

Et le livre audio se porte comme un charme à Marguerite Duras ! « Il marche même mieux qu’en librairie » assure Hélène Kudzia, responsable du pôle Lire Autrement et membre du jury du Prix Lire dans le noir. « Notre fonds comporte 1400 livres audio dans tous les genres. Les documentaires, notamment, ont pas mal de succès. Nous avons également quelques ouvrages en langues étrangères, essentiellement en anglais et en italien, mais la demande est croissante dans d’autres langues, donc le fonds va s’agrandir. »

… et dans les autres médiathèques aussi…

Il existe, bien sûr, d’autres médiathèques parisiennes où l’on peut emprunter des livres lus, comme les médiathèques Lancry ou Marguerite Yourcenar. Mais la première a transféré son fonds de livres audio adultes vers un centre d’orthophonie et se concentre désormais sur le livre audio jeunesse. Quant à la deuxième, elle suit les traces de Marguerite Duras mais a encore quelques actions à mener pour rattraper son retard, notamment au niveau de l’accueil des déficients visuels pour lequel tout le personnel de Marguerite Duras a été formé.

Braille-le sur des étiquettes !

Le pôle Lire Autrement de la médiathèque Marguerite DurasRevenons donc chez Duras. En plus de l’accueil, le personnel de la médiathèque travaille d’arrache pied pour rendre son espace Lire Autrement de plus en plus accessible à tous. « Nous avons commencé l’étiquetage en braille de notre collection de livres audio. Ainsi, les malvoyants qui savent lire le braille peuvent-ils connaître le titre, le nom de l’auteur et de l’interprète, le nombre de CD, la durée, la cote de rangement ainsi que s’il s’agit d’un MP3 ou pas sans avoir à demander. Car même un accompagnateur d’une infinie patience ne va pas se mettre à lire les titres des 1400 livres audio pour que le visiteur fasse son choix. De plus, on a remarqué que, lorsqu’ils sont accompagnés, les emprunteurs ont tendance à demander des auteurs connus ou qu’ils ont déjà lus pour aller plus vite » précise Hélène Kudzia.

Un budget de taille

Et si les aveugles sont ravis de pouvoir fouiller eux-mêmes les rayons de la médiathèque et, pourquoi pas, tomber sur une surprise, ils le doivent au travail presque titanesque des bibliothécaires. « On fait tout à la main car si on les faisait faire de façon industrielle cela nous coûterait 3 euros par étiquette ! » On n’y pense pas tous les jours mais la lecture a un sacré coût pour les malvoyants. « Avant l’existence du prêt, les livres audio représentaient un gros budget pour les déficients visuels, alors, ils ne sont pas à deux ou trois mois près pour trouver les dernières nouveautés dans nos rayons. » Et oui, les médiathèques ne passent pas directement par les éditeurs pour acquérir leurs fonds. Il faut s’assurer d’acheter des exemplaires autorisés à être prêtés. « De plus, nous sommes un gros réseau, donc moins réactifs qu’une bibliothèque plus petite. » Et si le visiteur désire vraiment un ouvrage qui n’est pas en rayon, le personnel n’hésite pas à l’inviter à compléter ses recherches auprès de bibliothèques spécialisées qui, elles, peuvent faire enregistrer des livres par des bénévoles, tandis que Marguerite Duras est limitée à l’offre commerciale.

Du problème matériel…

Médiathèque Marguerite DurasMalgré une offre conséquente, la médiathèque rencontre toutefois quelques ralentissements dus à des problèmes matériels. « C’est un problème typique de bibliothèque mais si un seul CD est abîmé dans un coffret qui en comporte plusieurs, on est obligés de retirer tout le coffret du rayonnage, même s’il n’y a qu’un CD qui part en réparation. Et si les dommages sont irréversibles, c’est tout le coffret qu’il faut racheter ! Ce qui fait que l’ouvrage est retiré des rayons pour plusieurs mois… »
D’où la bonne idée du format MP3 qui fait économiser le nombre de CD. « Seulement, beaucoup d’utilisateurs n’ont pas d